Commis d’office sur une affaire et face aux journalistes

Plaider et répondre à une interview sont deux exercices totalement différents. Vous vous êtes préparés à la plaidoirie pendant des années mais vous arrivez sans les outils nécessaires face aux journalistes.


Vous êtes de permanence pénale et votre téléphone sonne. Vous êtes commis d’office et l’audience est fixée dans les prochaines heures. Vous venez à peine de prendre connaissance du dossier et vous recevez un premier appel d’une rédaction régionale. Vous n’avez pas deux ans de barreau. Vous n’avez jamais accordé d’interview. Vous n’avez jamais eu à gérer la pression d’une caméra ou d’un micro tendu au sortir d’une audience. Mais vous êtes désormais le défenseur d’un prévenu dont l’affaire intéresse les médias.

C’est la réalité, souvent méconnue, des avocats commis d’office dans les dossiers à exposition médiatique.

Un rôle qui n’attend pas

La commission d’office peut concerner n’importe quelle affaire — y compris celles que les rédactions suivent de près. Un fait divers local qui prend de l’ampleur. Une affaire instruite depuis des mois qui arrive enfin au jugement. Un dossier avec plusieurs parties civiles et un intérêt public réel.

Dans ces situations, la médiatisation ne se choisit pas. Elle s’impose, en même temps que le dossier.

Ce que vous devez comprendre sur les médias

Un journaliste qui couvre une affaire judiciaire n’est pas un adversaire. Il obéit à des contraintes précises : un délai de bouclage, un format limité, l’obligation de recueillir des réactions contradictoires.

Si la défense ne répond pas, il ne s’arrête pas. Il se tourne vers d’autres sources. Le récit se construit sans votre voix — rarement au bénéfice de votre client.

Ce vide n’est jamais neutre.

L’improvisation n’est pas une option

Face à un journaliste, la rigueur juridique ne suffit pas. Plaider et répondre à une interview sont deux exercices totalement différents. Vous vous êtes préparés à la plaidoirie pendant des années mais vous arrivez sans les outils nécessaires face aux caméras. Un avocat qui improvise peut formuler une déclaration ambiguë interprétée hors contexte, valider involontairement un angle défavorable à son client, ou fragiliser une stratégie judiciaire par un propos mal calibré.

Ce ne sont pas des hypothèses. Ce sont des situations que les journalistes spécialisés police-justice observent régulièrement.

La présomption d’innocence ne se défend pas seulement à la barre

Dans les affaires médiatisées, l’opinion se forge à partir de ce qu’elle perçoit. La parole de l’avocat — ou son absence — contribue à construire une représentation de l’affaire.

Rappeler la présomption d’innocence est un droit. Encore faut-il savoir le faire de manière à être entendu et savoir, tout autant, quand ne pas répondre.

Anticiper plutôt que subir

Être commis d’office peut arriver à n’importe quel moment dans votre carrière. La fenêtre entre le début d’exercice et la première exposition médiatique est précisément la plus utile pour se former.

Avec les modules Vox Legalis, vous pouvez rapidement acquérir ces réflexes en amont : comprendre le fonctionnement des rédactions, structurer une prise de parole sous pression, gérer une interview imprévue. En modules de deux heures, par visioconférence et en petits groupes.

Ce n’est pas une formation à la communication. C’est un outil de protection professionnelle.

Parce que le jour où le téléphone sonne, il est déjà trop tard pour apprendre.

Découvrez les modules Media Training